Adolphe VARD, faux député mais vrai poète. (Histoire de Vernon)

Adolphe VARD ? C’est le nom d’une rue de Vernon. Elle présente la particularité de faire parler d’elle en raison d’un immeuble dont les riverains refusent de voir dénaturer les dimensions et la destination.
Le litige dure depuis six ans. C’est l’un des chapitres de la densification, digne de l’ère stalinienne, assénée par la municipalité en place ; le drame de l’implantation tous azimuts de logements sociaux ou d’édifices cultuels dans des ensembles déjà constitués en quartiers paisibles, qui tiennent à conserver leur équilibre et leur harmonie.
(Association de Protection de l’Environnement de la rue Adolphe-Vard et du quartier).

Adolphe VARD, donné sur Internet (VERNON, EURE) comme député et écrivain de Vernon, n’était en réalité ni Vernonnais ni député (de même qu’Adolphe BARETTE, qui fit construire l’Hôtel de ville de Vernon, ne s’appelait pas « André » comme on peut le lire sur une adresse Internet officielle de la mairie). Adolphe VARD était d’Aubevoye. Il y naquit en 1832 et y mourut en 1908. C’était un ouvrier – poète.
Il fut instruit par « un prêtre lettré », « apprit à lire dans la Bible, étudia l’histoire dans Amyot, la philosophie dans Montaigne, la poésie dans Ronsard. »
« Ils graissent les wagons, avec des mains royales,
« Ah ! Vard, le fer te fut moins dur que le goujat » (CH. – Th. FERET)

Il fut tenté par la vie de bohême parisienne, fréquenta des artistes et des poètes. Mais le critique Jules Janin lui conseilla de retourner dans sa province, en dépit de la qualité de ses poèmes. VARD rentra donc à Aubevoye. Il y trouva un emploi subalterne à la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest. Devenu vieux, il écrivit (son oeuvre est considérable) et cultiva son jardin.

« N’empruntant à personne et surtout aux méchants
« Ni mon pain ni mon rêve à la fois miens et vôtres,
« Et laissant se gorger à la sève des autres
« Orobanches aux bois, mélampyres aux champs,
« En nos cités faux sage, oisifs, et faux apôtres,

« Mais le joug qui m’étreint quelque jour se relâche,
« Quelque jour en un coin j’aborde en paix ma tâche,
« Tout à vous, tout aux miens, à nos fleurs, à mes vers.
« Je me consolerai, lui cédant l’univers
« De cette tourbe humaine aussi sotte que lâche,
« Que le génie irrite et que la vertu fâche,
« Qui méprise les bons et se plaint des pervers. »

(Adolphe VARD « Heures noires et Nuits blanches »).

7 lettres manuscrites d’Adolphe VARD sont en vente jusqu’au 15 mai 2013, pour 300 euros, sur Delcampe.fr

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