Du musée Maurice Denis à St Germain-en-Laye… au musée des Impressionnismes de Giverny : « L’Impressionnisme entre Seine »

Lors des premières et récentes années de création du « Musée des Impressionnismes » (faisant suite au musée américain) le public a eu, d’emblée, la chance de bénéficier d’expositions exceptionnelles dont l’une consacrée à Pierre BONNARD et une autre, l’an dernier, à Maurice DENIS. Tous les deux furent les chefs de file du mouvement nabi et les contemporains – et amis – des Impressionnistes. Point ! Et voici qu’ils sont mis dans le même sac !
Il ne fallait donc pas appeler ce musée « musée des impressionnismes ». Ou alors, il ne fallait pas exposer de Nabis.
C’est de la désinformation. Tout-le-monde s’embrouille.

Les amateurs d’art et les touristes ne sont pas majoritairement des professionnels avertis. Un musée contribue à les guider, à les instruire picturalement (d’aucuns, en 2012, ont fui malencontreusement Maurice Denis, surnommé « le Nabi aux belles icônes », qui peignait de ravissantes fêtes religieuses d’il y a cent ans alors que l’époque actuelle, réputée laïque, a franchi les limites de l’anticléricalisme chrétien. Maurice Denis n’a pas fait « un bon chiffre » à Giverny l’an dernier, paraît-il. Il s’en contrefiche, il est mort. Evidemment, les nymphéas et les ombrelles dans des champs de coquelicots n’auraient choqué aucun Peillon, aucun Onfray, aucun Nguyen Thanh. Manque de pot, il se trouve que les processions à Loctudy ou la tentation d’Adam et Eve l’inspiraient davantage.
On n’est plus dans le domaine politique. Il faut laisser les couteaux au vestiaire.

On montre beaucoup SIGNAC dans ce qu’il a de plus papillottant, on ne parle guère de BAZILLE, impressionniste surdoué, mort très jeune pendant la guerre de 1870 (Monet, qui le « tapait », n’a donc pas pu continuer à lui demander de l’argent). Quant à Caillebotte, tardivement reconnu, il fut un mécène pour son mouvement mais l’Etat refusa sa donation (lui aussi peignait les bords de Seine mais sa marotte, c’était les raboteurs de parquets et les balcons haussmanniens. Les ronds-de-cuir n’aimaient ni les uns, ni les autres. Et ça continue).

On ne peut pas plaire à tout le monde, certes. Mais en art, on ne peut pas faire prendre aux gens des vessies pour des lanternes, sauf à se déconsidérer..

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