Emile APPAY, un enfant de Saint-Just (Histoire)

Né à Saint-Just le 2 juin 1876, mort (on ne sait trop où) en 1935, Emile Appay fut l’élève de Joseph Harpignies et de Paul Lecomte et devint un peintre essentiellement paysagiste.
Il aimait la nature, taquiner le goujon et pédaler à bicyclette en compagnie d’un autre peintre, André Derain. Contrairement à cet ami, son cadet de quatre ans, qui étudia différents mouvements artistiques avant de rejoindre Matisse à Collioure (il avait découvert Cézanne, les néo-impressionnistes, les cubistes, et rompu avec Picasso en 1911 après dix ans d’amitié), Emile Appay, lui, mena son petit bonhomme de chemin en voyageur infatigable. Il sillonna la France du Nord au Sud (et au-delà), curieux de la diversité des climats, des saisons et des paysages. Il peignit les ports de Marseille et de Toulon mais aussi les bords de la Seine et de l’Orne. Après avoir rempli d’eau son gobelet et tandis qu’il surveillait sa ligne posée sur la berge, il réalisait de nombreuses et rapides aquarelles. Mais il peignait aussi à l’huile. On connait la « Rue de Louviers animée », le « Château Gaillard au petit Andely », le « Pont sur la Seine à Rouen ».

Il avait passé son enfance à Paris, dans le XVème arrondissement où Charles Appay, son père, exerçait le métier d’imprimeur-lithographe. On ne dit rien de sa mère (était-elle de Saint-Just ?). Il se maria en 1900, eut deux enfants. Il exposa au salon des Artistes Français de 1910 à 1920. Rappelé sous les drapeaux lors de la guerre de 1914-1918 (il avait alors 38 ans), il fut affecté dans l’Aisne et connut la bataille de la Somme. Il réalisa de nombreux dessins des zônes de combats. Son jeune frère André, né en 1891, fut tué dans l’Aisne dès novembre 1914, à Bucy-le-Long.

Emile APPAY n’était ni impressionniste, ni nabi, ni fauviste, ni surréaliste…ni pompier ! Il appartenait au mouvement védutiste d’origine italienne, dont Guardi et Canaletto furent les grands maîtres au XVIIIème siècle. Ce genre pictural d’inspiration souvent urbaine respecte le sujet dans le souci de sa perspective, de ses couleurs, de sa lumière. Les touristes, grâce au peintre, rapportaient des souvenirs de voyage.
« Pierre qui roule n’amasse pas mousse », dit-on. L’oeuvre d’Emile APPAY est dispersée. On attend une rétrospective.
A Vernon ? Au musée Alphonse-Georges Poulain ?

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