La fin de la 1ère guerre mondiale et le monument aux morts de Vernon (Histoire)

En 1918, à la fin de la guerre, trois hebdomadaires paraissaient à Vernon : »Le Réveil », « Le Républicain », « Le Journal ». On y annonçait la prochaine capitulation de l’Allemagne, on y parlait de tickets de rationnement, de produits de substitution tels que les marrons d’Inde et les glands. On manquait d’avoine pour les chevaux. Parfois, des colonnes restaient blanches : la censure était passée (« Le Républicain » du 20 juillet 1918 fut amputé de huit lignes dans un article dénonçant…la censure).
La grippe espagnole faisait de nombreuses victimes, tant parmi les civils que parmi les militaires. Si bien qu’à l’annonce d’une manifestation patriotique le 3 novembre (dont on voulait faire La Journée de la Victoire), le colonel Chaze, commandant du quartier Avenay (devenu Fieschi), demanda l’ajournement des festivités par crainte de l’épidémie.
Ce fut le vendredi 15 novembre 1918 que le maire, Emile Steiner, rèunit le Conseil municipal… »La libération de notre territoire sera achevée dans quelques jours, dit-il. Les trois départements arrachés à la France nous sont rendus ; le triomphe de la civilisation et du Droit sur la barbarie et la force brutale, voilà ce qui caractérise la journée du 11 novembre 1918″.
La fête officielle de la Victoire, à Vernon, eut lieu le 24 novembre. Le chanoine Delalande célébra une messe solennelle à la collégiale, à la mémoire des morts de la guerre (293 soldats vernonnais avaient été tués en quatre ans). L’après-midi, un cortège se rendit au monument élevé en souvenir des Mobiles de l’Ardèche. Des discours furent prononcés par le maire Emile Steiner, par son adjoint Julien Devos chargé des souscriptions en faveur des soldats, et par le docteur Burnet, président du Souvenir français.
Mais le monument aux morts ne sera érigé qu’en 1922, sous la mandature de M. Laniel.
Il fut décidé d’édifier ce monument, après discussion et mise aux voix, à l’angle de l’avenue Victor Hugo, à l’intersection de la rue Saint-Lazare et de la rue de la Station – lieu-dit dénommé l’Eperon. L’opportunité de l’arrachage de trois tilleuks fut discutée et agréée par une commission. M. Bouchard, conseiller municipal, s’étonna de ce que la formule gravée sur la pierre ne portât pas le mot « mort » ni le mot « combattants », alors que la souscription avait été ouverte dans le but d’élever un Monument aux Morts. M. le maire expliqua comment la formule avait été choisie et adoptée par le comité du monument:

A SES GLORIEUX ENFANTS
LA VILLE DE VERNON RECONNAISSANTE 1914-1918
L’inauguration du monument se fit en présence du maréchal Joffre.

En 1968, dans sa réunion du 4 mars, le Conseil municipal décida de transférer le monument aux morts. Depuis la construction du bureau de Poste de l’avenue Victor Hugo, il disparaissait au milieu des voitures en stationnement..
Le lundi 17 juin, la décision prise par la municipalité de Vernon fut mise à exécution. Une équipe de l’entreprise Lanctuit procéda à la dépose du monument, et à sa repose sur la Place de la République où on allait aménager un jardin public. Il serait donc « au milieu des fleurs » !
On connaît la suite…

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