Le monument aux morts, un lieu de commisération et d’apaisement. A Vernon aussi ?

Chaque ville, chaque village de France possède, malheureusement, un monument aux morts ; chacune ayant été éprouvée par les tueries du XXème siècle. Mais alors que partout ailleurs le monument aux morts est un lieu unique de rassemblement, de recueillement populaire et de concorde, à Vernon tout fonctionne comme un jeu de cases, à la manière du Monopoly. On compte à Vernon plusieurs monuments aux morts et des plaques commémoratives à tire-larigot.
Le monument à la mémoire des victimes de la guerre de 1914-1918 n’a pas été réactualisé. Il a d’ailleurs été déplacé (on pourrait dire « baladé » comme une pièce de jeu d’échecs) à cause du développement de l’automobile, dont on n’avait pas évalué l’ampleur et les conséquences. Le stationnement était gênant, c’est le monument aux morts qui s’en alla ; défaut de vision à long terme et défaillance urbanistique. Aujourd’hui c’est pire que jamais, le monument est désormais caché derrière des rangées de cars, enclavé entre un parking fraîchement regoudronné et une gare routière. Bonjour le jardin public !
On joue donc au Monopoly à travers la ville, après avoir barré la circulation :
-« C’est votre anniversaire, les joueurs (exclusivement) doivent déposer une gerbe « ;
– « Votre maison a été bombardée, réparez-là. l’Etat vous doit une indemnisation »;
– « Vous avez fait l’Indochine, rendez-vous directement au cimetière (annexe) »;
– « Vous avez collaboré, allez en prison. Ne passez pas par la case Départ. Ne recevez pas 20.000 francs » (c’était avant l’euro).
Soixante-treize ans après l’appel du 18 juin et alors que l’Europe de Jean Monnet est maintenant constituée de 27 membres (dont les uns furent nos alliés, les autres pas) : accuser de désertion un édile dont le nom figure toujours sur la liste des maires de la ville est contraire aux principes d’apaisement et de réconciliation. Ceci relève même de la diffamation.
A noter qu’un célèbre déserteur, Maurice Thorez, qui passa toute la seconde guerre mondiale à Moscou, fut non seulement réintégré (à tort ou à raison) dans la vie politique française, mais réussit en outre (lui ou les siens…il est mort en URSS en 1964) à rajouter un article dans la loi d’amnistie de 1966 signée par de Gaulle et Pompidou, afin de dédouaner des criminels communistes tels que Georges Boudarel, qui n’avaient pas encore été identifiés.

Une réflexion sur “ Le monument aux morts, un lieu de commisération et d’apaisement. A Vernon aussi ? ”

  1. Thibault Chaplain sur

    pour l’indochine, le monument est à proximité du grand parking du complexe sportif de Vernon qui se trouve sur l’ancienne commune de Vernonnet (dont l’église ne dépend toujours pas de la paroisse Saint-Louis de Vernon mais de la paroisse d’écos)

    Pour l’algérie, le monument au mort se trouve dans une petite rue et vous oubliez le monument commémoratif de la guerre de 1870 qui concernent les Mobiles de l’Ardèche et vous oubliez aussi le monument pour les soldats français de la campagne de France de mai-juin 1940.

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