Les arbres de l’avenue Montgomery.

Les résidents de l’avenue Montgomery (qui s’appelait l’avenue d’Evreux avant que le Maréchal Montgomery ne fût fait citoyen d’honneur de la ville, le 15 mai 1949) sursautèrent lorsque la municipalité annonça, il y a une dizaine d’années, son intention d’abattre ses respectables platanes. Ces arbres, dont la frondaison atteint couramment vingt-cinq mètres et peut dépasser cinquante mètres, forment, avec l’âge, de majestueux alignements. Ceux de Vernon étaient les contemporains de la naissance de la gare, mais probablement plus anciens. On a des exemples de magnifiques platanes normands (ceux du parc d’Acquigny, cinq fois centenaires, ou l’exemplaire remarquable de Bayeux, qui date de 1797).
Malheureusement, les platanes de Vernon étaient malades. Furent-ils attaqués par un insecte, le tigre du platane ? Par le chancre coloré ? Furent-ils atteints par ce champignon qui a déjà tué cinquante mille arbres en France, dont un nombre considérable en bordure de la Sorgue, rivière du Vaucluse ? le Démocrate vernonnais a certainement fourni, en temps et en heure, tous les détails de cette triste.affaire. Car les riverains aimaient leurs platanes, malgré leurs volumes envahissants et les racines tentaculaires qui bosselaient les trottoirs, les rendant périlleux.
Les platanes furent donc sacrifiés au bénéfice d’une espèce encore peu répandue, le parrotia persica, que la défunte et regrettée princesse Sturdza (du Vastérival, près de Varengeville) considérait encore il y a une trentaine d’années, en couvant des yeux son superbe exemplaire, comme très sensible au calcaire.
En réalité, le parrotia de Perse réunit toutes les qualités. En dehors de l’exigence en arrosage, commune à toutes les espèces d’arbres nouvellement plantés, (et tout particulièrement dans un un environnement pavé ou goudronné), il est facile à vivre. Harmonieux de forme, il a un bois très dur, très serré (on l’appelle « le bois de fer »). Ses feuilles, petites, qui ressemblent à celles du hêtre, prennent des tons flamboyants à l’automne. Et il ne dépasse guère huit mètres au bout de vingt ans, ce qui est bien suffisant. On a pu élaborer autour des parrotias de vrais trottoirs bien stables et Il est probable que les riverains se sont consolés de leurs platanes.
Les parrotias traversèrent pourtant une rude épreuve en 2011, pendant ce terrible printemps sans eau qui mit le ministère de l’Agriculture sur les dents et les agriculteurs dans l’angoisse. Les sujets les plus jeunes de l’avenue, ceux de la dernière tranche des travaux (entre le rond-point et l’avenue des Capucins), eurent si soif sans arrosage que leur feuillage de la Pentecôte prit des allures de Toussaint et se dessécha.
Ils furent sauvés in-extremis, mais certains d’entre eux ont perdu le sommet de leur crinière. La même équipe qui n’aime ni arroser, ni tuer les adventices, s’était par ailleurs empressée, dès son arrivée à la mairie en 2008, de tracer des pistes cyclables sur toute la longueur des trottoirs enfin planes. Les vélos devaient auparavant prendre garde aux voitures ; à présent ce sont les piétons qui doivent prendre garde aux cyclistes. Ainsi va la vie.
(Pour l’épopée du général Montgomery et la tête de pont du Goliath sur la Seine, à Vernon (l’un des moments les plus importants de la Second guerre mondiale, en 1944) qui permit aux unités alliées de résister à l’ennemi, de s’engouffrer et de déferler sur le nord de la France et la Belgique : voir  » VERNON-GIVERNY avec passion ». Le site de l’Association des Partenaires de l’Office de tourisme Vernon et environs).

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