Saint Louis et le cresson de Vernon

Saint Louis, roi capétien, 9ème du nom (né à Poissy en 1214 – mort devant Tunis en 1270) n’était ni confit en dévotion ni continuellement assis sous un chêne de son parc de Vincennes, à rendre la justice.
Certes il était pieux. Il maintenait de bonnes et étroites relations avec l’Eglise, mais sans s’y laisser inféoder. Son caractère, même s’il se maîtrisait, était vif (sa mère Blanche de Castille, de même que son grand-père Philippe-Auguste, juraient pour leur part comme des charretiers).
Il restaura l’autorité royale auprès des baillis et des sénéchaux, enclins bien souvent à confondre les caisses de l’Etat et leurs propres cassettes. Il rstaura la sécurité en ville et le maintien de l’ordre, par deux ordonnances de 1262.
Il voyagea intensément. Il partit pour l’Egypte à deux reprises, près de six cents ans avant Napoléon Bonaparte, louant une flotte aux Génois puisque la France ne possédait pas encore de façade sur la Méditerranée.
Il fit de fréquents séjours à Vernon qu’il affectionnait (ses parents s’étaient mariés non loin de là, à Port-Mort).
Il restait « sobre en bouche », écrivit son ami Joinville. Il aimait particulièrement les fruits et mangeait patiemment tout ce que son cuisinier lui préparait et ce qu’on mettait devant lui. C’est ainsi qu’en août 1261, par une chaleur caniculaire, le roi arriva à Vernon fatigué et assoiffé. Les Vernonnais lui proposèrent alors un plein saladier de cresson frais qu’on alla cueillir sur les berges de la Seine. Il s’en régala.
Pour la remercier de son hospitalité, Saint Louis accorda à la ville de Vernon de placer dans son écu trois fleurs de lys sur fond d’azur en qualité de ville royale, et trois bottes de cresson de sinople liées d’or, deux et une, sur fond d’argent.

En 1696, un édit de Louis XIV institua un Armorial général du Royaume (on l’appelle le d’Hozier). Vernon figure sur cet inventaire. Les signes emblématiques disparurent sous la Révolution mais furent rétablis sous Louis XVIII. Le conseil municipal de Vernon, dont le maire était à l’époque Louis Leflameng d’Elbouville Delachatre, en demanda confirmation à Charles X et obtint satisfaction le 17 mars 1827.
« Cette pièce sur parchemin, scellée du grand sceau de cire verte, se trouve en la mairie de notre ville » déclare M. Roncerel, archiviste du Cercle d’Etudes Vernonnaises.

Une réflexion sur “ Saint Louis et le cresson de Vernon ”

  1. Jean sur

    L’histoire des bottes de cresson est totalement fantaisiste, mais bien sympathique. Les armoiries des villes n’apparaissent en effet qu’au XIXe et aujourd’hui tous les villages s’en font confectionner par des « spécialistes » qui se font payer assez cher.. L’histoire est belle et a offert à François Decorchemont le thème de la belle verrière placée dans l’escalier de la mairie que tout touriste doit absolument aller admirer en visitant Vernon : visite libre et gratuite dans le hall de la mairie ouverte tous les jours (sauf le dimanche).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *